Jeune recrue du NPFL, National Patriotic Front of Liberia, lors de la guerre civile du Liberia, juin 1990.
© Patrick Robert/Sygma/Corbis

Le 15 mai dernier j’ai eu la chance d’être invité par Corbis via son agence RP, à l’inauguration du centre de préservation et d’accès à la mémoire photographique de l’agence Sygma.
Pour la petite histoire Sygma célèbre agence de photo de presse a revendu son fond à Corbis, l’un des principal fournisseur d’images au monde. Partant du principe que cette collection inestimable témoin des 50 dernières années, ne devait se perdre et encore moins se détériorer : le centre de préservation a vu le jour.

Des mètres de linéaires d’archives inestimables

C’est à Garnay (commune située à 45min de Paris) que la société Locarchives spécialisée dans le stockage, a construit selon un cahier des charges strict, le site Sygma-Corbis.

Après une escapade Paris-Garnay : la présentation autour d’un buffet, de l’initiative par ses architectes. Les journalistes présents et moi même avons appris plus de détails sur ce projet de longue haleine.

Sans faire de long discours quelques chiffres-clés pour se donner le vertige :

  • 5 ans de travail
  • 50 millions de documents
  • 7000 mètres de linéaires
  • 800 m2 de surface d’archivage
  • plus de 10 000 photographes et contributeurs

Le bâtiment réservé à Corbis sur le site Locarchives de Garnay


Au premier plan Henry Wilhelm spécialiste mondial du stockage, consultant sur le projet

Le site Locarchives

Dans le couloir longeant l’accès aux différentes chambres de conservation on peut s’arrêter devant chaque cliché en disant : « mais je connais cette image! » c’est l’effet agence Sygma…

On s’engouffre dans chaque salles surveillées comme une salle blanche à la Nasa. L’air est analysé en continu : dès que le seuil de poussière, l’hygrométrie ou la température varie de trop, une sirène se déclenche et tout le personnel évacue. La conservation est à ce prix.


Des trésors au détour de chaque rayon…

Les salles visitées varient de 10°C à -3°C pour aller jusqu’à -20°C pour les documents les plus sensibles. Ces précautions permettent aux nombreuses planches contacts, tirages et autre négatifs de dépasser les délais standards de conservation (environ 100 ans).

La technique est connue : qui n’a jamais conservé de vieux films dans son frigo pour préserver l’émulsion ?

Jimi Hendrix à l’Olympia, Paris, janvier 1968.
© Pierre Fournier/Sygma/Corbis

La ville de Phnom Penh après le bombardement par les Kmers Rouges, Cambodge, février 1974.
© Christine Spengler/Sygma/Corbis

La visite se termine par le local technique, où de nombreuses bouteilles d’argon (un gaz rare neutre) sont entreposées. Dès qu’un début d’incendie se déclare, le gaz est relâché dans les pièces de stockage et vient remplacer l’oxygène présent pour circonscrire le début d’incendie.

Les professionnels de l’image ont la possibilité de visiter et de consulter les images originales des archives sur le site de Garnay. Pour le grand public les photos peuvent être commandées via Corbis, les photos sont ensuite scannées depuis les originaux puis envoyées par FTP.

Il est intéressant également de se poser la question du choix du stockage des originaux versus la digitalisation de l’ensemble de la collection. La réponse est simple : la technologie de scan-ing évolue tellement de jours en jours que scanner la collection complète devient très rapidement obsolète.

Pour en savoir plus (presse uniquement) s’adresser à Dan Perlet de Corbis au +44 (0) 20 7644 7418

Merci à Gaétan de Lowe et à Clémentine de GolinHarris pour cette visite qui m’a réellement passionné. Et merci à Corbis pour leur accueil.

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